Tombeau d'un empereur à l'origine, il est devenu le lieu où les papes s'enfermaient quand Rome brûlait. Dix-neuf siècles de mausolée, de forteresse, de prison et de musée empilés dans un même édifice circulaire, avec un passage secret qui mène droit au Vatican et la plus belle terrasse de la ville tout en haut.
Aucun autre édifice de Rome n'a changé autant de fonctions sans changer de forme.
L'empereur Hadrien le fait construire vers 135 comme mausolée pour lui et ses successeurs ; le chantier s'achève en 139, un an après sa mort. C'est alors un cylindre immense recouvert de marbre, couronné d'un tumulus de terre et de cyprès, relié à la ville par un pont construit à cet effet. Pendant près d'un siècle et demi, il reçoit les cendres des empereurs, jusqu'à Caracalla.
Quand l'Empire doit défendre ses propres frontières, le mausolée cesse d'être une tombe pour devenir ce que sa forme appelait : un bastion. En 403, il est intégré aux murailles de Rome et ne perd plus jamais sa fonction militaire. Les papes en font leur refuge, le relient au Vatican, le remplissent de salles décorées mais aussi de cellules : Benvenuto Cellini et Giordano Bruno y ont été emprisonnés. Il sert de caserne jusqu'en 1901, puis devient musée en 1925.
Le nom ne vient pas de l'architecture, mais d'une apparition racontée en l'an 590.
La tradition raconte que pendant la peste qui frappait Rome, le pape Grégoire le Grand menait une procession de pénitence quand il vit au-dessus du mausolée l'archange saint Michel rengainant son épée, signe que l'épidémie prenait fin. Depuis, l'édifice s'appelle Castel Sant'Angelo, château du Saint-Ange, et une statue de l'archange couronne la terrasse.
La statue visible aujourd'hui est en bronze, œuvre du Flamand Peter Anton von Verschaffelt, en place depuis 1753. Ce n'est pas la première : elle a remplacé une statue de marbre toujours conservée au château, dans la cour qui porte son nom. Rome doit aussi à cet ange l'une de ses images les plus célèbres, celle du Ponte Sant'Angelo avec les dix anges dessinés par le Bernin, chacun portant un instrument de la Passion.
| Époque | Ce que c'était | Trace qui subsiste |
|---|---|---|
| 135-139 | Mausolée d'Hadrien | La rampe hélicoïdale et la chambre funéraire |
| Ve siècle | Bastion des murailles | Le plan circulaire transformé en défense |
| 1277 | Refuge papal | Le Passetto di Borgo vers le Vatican |
| XVIe siècle | Résidence et prison | Les appartements papaux et les cellules |
| 1753 | Couronnement définitif | L'ange de bronze de Verschaffelt |
| Depuis 1925 | Musée national | Le parcours actuel, de la rampe à la terrasse |
Le parcours est une spirale : on monte en tournant autour de l'édifice, et chaque tour appartient à un siècle différent.
L'entrée intacte du mausolée romain : un couloir en pente qui tourne sur lui-même jusqu'au centre du cylindre, où se trouvait la chambre des urnes impériales. C'est la partie la plus ancienne, et la plus impressionnante par ce qu'elle a si peu changé.
La Sala Paolina, peinte à fresque pour Paul III, et les pièces voisines : grotesques, trompe-l'œil et scènes mythologiques dans un édifice qui, de l'extérieur, n'est que muscle militaire. Le contraste est ce qui surprend le plus.
Le point final, aux pieds de la statue. On y voit le Tibre, le pont du Bernin, les toits du Borgo et la coupole de Saint-Pierre. C'est aussi là que Puccini fait sauter Tosca.
Sur le chemin, on traverse l'armurerie avec ses armures et armes de plusieurs siècles, les cellules de la prison, la cour de l'Ange où repose l'ancienne statue de marbre, et plusieurs salles de peinture et de mobilier. Le Passetto di Borgo, le corridor surélevé d'environ 800 mètres qui rejoint le Vatican, ne se visite qu'à certaines périodes et selon des parcours spécifiques : mieux vaut le vérifier avant d'y aller, car il n'est pas toujours ouvert.
Le Passetto n'est pas une légende : il a vraiment servi, et on connaît le jour précis.
Le 6 mai 1527, les troupes impériales de Charles Quint entrent dans Rome et le sac de la ville commence. Pendant que la ville est ravagée, Clément VII sort du Vatican par le corridor surélevé et s'enferme dans le château avec sa cour et sa garde suisse. Il y tient plus d'un mois, jusqu'à sa capitulation. Cet épisode explique pourquoi l'édifice a la forme d'un tombeau et les fonctions d'un bunker : la papauté avait besoin d'un endroit d'où on ne pouvait pas la faire sortir.
Le corridor avait été fait construire par Nicolas III en 1277 sur un mur antérieur, puis renforcé à plusieurs reprises, notamment sous Alexandre VI. Aujourd'hui, on le voit depuis la rue comme un long mur crénelé qui traverse le Borgo, et de l'intérieur, quand il est ouvert au public, comme un couloir étroit à ciel ouvert avec vue sur les toits.
Un musée d'État aux horaires larges, fermé le lundi, avec une entrée par créneaux le week-end.
| Point | Détail | À savoir |
|---|---|---|
| Adresse | Lungotevere Castello 50, Rome | 10 min à pied de Saint-Pierre |
| Horaires | Mardi à dimanche, 9h00 – 19h30 | Dernier accès à 18h30 |
| Fermetures | Lundi, 25 décembre et 1er janvier | Sans exception |
| Durée | 1h30 à 2h | Plus si le Passetto est ouvert |
| Billet plein tarif | 18,00 € | Depuis le |
| Gratuit | Moins de 18 ans | Et le premier dimanche du mois, pour tous |
Le week-end et les jours fériés, l'accès se fait par créneaux d'une heure et demie, de 9h00 à 18h00 : l'horaire se choisit à l'achat et ne s'improvise pas. Les prix complets, qui a droit au tarif réduit, le fonctionnement du dimanche gratuit et la différence entre acheter sur le site officiel ou chez un revendeur sont détaillés sur la page billets et tarifs ; le parcours à l'intérieur, comment y aller et les conseils sur place, sur le guide de la visite.
Un édifice cylindrique au bord du Tibre, construit en 139 comme mausolée de l'empereur Hadrien, devenu ensuite forteresse, refuge et résidence des papes, prison et caserne. C'est aujourd'hui le Musée national de Castel Sant'Angelo.
Entre une heure et demie et deux heures. Le parcours monte en spirale depuis la rampe romaine jusqu'à la terrasse de l'Ange, en passant par les salles du musée et les appartements pontificaux.
Un corridor surélevé d'environ 800 mètres qui relie le château au Vatican. Construit comme voie de fuite pour les papes, il a servi en 1527, quand Clément VII s'y est enfui pendant le sac de Rome.
Oui, la terrasse supérieure fait partie du parcours et c'est l'un des meilleurs points de vue de Rome : on y voit le Tibre, le Ponte Sant'Angelo et la coupole de Saint-Pierre.
Les moins de 18 ans entrent toujours gratuitement, et le premier dimanche de chaque mois l'entrée est gratuite pour tout le monde. Ce dimanche est de loin le jour le plus fréquenté.
Au Lungotevere Castello 50, à une dizaine de minutes à pied de la place Saint-Pierre en traversant le Ponte Sant'Angelo. En métro, ligne A jusqu'à Lepanto ou Ottaviano.